Nouvelles Technologies et Démocratie - La conférence

 

Internet, quels dangers pour la démocratie ?

Le vendredi 20 novembre a eu lieu la conférence sur Les Nouvelles Technologies et la Démocratie. Pour débattre autour de ce sujet, deux invités :

 

  • Evgeny Morozov

    journaliste essayiste et chercheur d’origine biélorusse, il s’est fait connaître à travers sa remise en cause du rôle libérateur d’Internet . Il rédige souvent des articles sur les liens entre Internet et la démocratie.
  • Joan Subirats

    politilogue catalan, il enseigne à l’université de Barcelone. C’est un spécialiste des questions de société civile, de démocratie, de gouvernance, de politiques publiques et d’exclusion sociale. Il écrit régulièrement sur ces sujets pour des journaux espagnols.


Animée par Jean-Marie Durand, journaliste aux inrockuptibles, la conférence a duré 2h et a eu lieu dans l’amphithéâtre de l’Hôtel de région, qui était pratiquement plein. Après une présentation de chacun des interlocuteurs, le débat commence. Vous trouverez ci dessous un résumé des divers arguments des invités.  

Les nouvelles technologies et la démocratie

 

Selon Evgeny morozov, internet ne nous aide à communiquer que jusqu’à un certain point. Si les différentes plateformes de communication nous donnent le sentiment d’être plus proches les uns des autres, cette sensation n’est qu’une impression. Le problème se trouve dans le système économique d'internet. En effet, toutes les plateformes de réseaux sociaux se financent grâce à la publicité. Et plus ils peuvent cibler la publicité, plus ils attireront des publicitaires. Leur intérêt est donc de récupérer le maximum d’informations sur la personne afin de les revendre pour les publicitaires. Une fois ces informations récoltées, ils peuvent également proposer des ajustements à l’internaute, jusqu’à changer les habitudes de la personne. Les objets connectés en sont un très bon exemple. Le thermostat Nest de Google permet d'analyser les habitudes dans la maison pour proposer des solutions plus économique et adapter le rythme de vie des habitants.

Le problème, selon Evgeny, est que ces informations ne sont pas gérées par un état mais par une entreprise, ce qui crée un pouvoir inquiétant. Pouvoir qui n’est d’ailleurs pas assez entre les mains des citoyens selon le conférencier.  

 

Après un discours très pessimiste de la part d’Evgeny Morozov, le politologue Joan Subirat a apporté plusieurs nuances. Selon lui le problème ne se trouve pas dans l’utilisation d’internet mais dans la démocratie actuelle. C’est la démocratie qui n'est plus adaptée, et les nouvelles technologies qui mettent ses problèmes en lumière. Le fait qu’internet permette de prendre des décisions sans intermédiaire remet en question leur intérêt au sein de la démocratie.  Avec la possibilité d’être complètement transparent sur internet, pourquoi s’encombrer de représentants et de gouvernement ? Mais c’est justement ce manque d’intermédiaire qu’Evgeny Morozov critique.

 

Un autre aspect intéressant des nouvelles nouvelles technologies selon Joan Subirats est la démocratisation du savoir et l’Accessibilité facilitée à la connaissance, qui permettent à tout le monde de participer à la connaissance globale (avec l’exemple de l’encyclopédie participative qu’est Wikipédia).

 

Suite à cette conférence, plusieurs questions se posent. Mais c’est surtout l’utilisation personnelle de chacun qui est à remettre en question. Beaucoup de personnes qui utilisent internet ne comprennent pas le fonctionnement de cet outil. Si le web permet une  transparence sur les informations et les institutions classique, sa compréhension est elle plus compliquée.

En popularisant la connaissance du web, on pourrait plus aisément donner le pouvoir au public. C’est du moins ce que nous, étudiants de la licence Marketing Digital, proposons comme solution à l’issu de cette conférence.